Julie Victoire Daubié

Julie Victoire Daubié, née à la Manufacture Royale de Bains-les-Bains.

La première Bachelière de France

Julie Victoire Daubié,
Première Bachelière de France,
Première licenciée Es Lettres de France,
Première Sociologue défendant le droit des Femmes en utilisant son nom de Femme et pas un pseudonyme masculin.
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Julie Victoire Daubié, née en 1824 à la Manufacture Royale de Bains les Bains , le plus ancien site industriel paternaliste de Lorraine.

Julie Victoire Daubié est née à la Manufacture Royale de Bains les Bains en 1824, où son père était caissier. Sa maison est en partie, une maison d’hôte raffinée faisant revivre cette époque. Le roman de Gilles Laporte « Julie Victoire Daubié, première bachelière de France », s’est inspiré de cette demeure et de l’ambiance générale de la Manufacture, site industriel, où l’auteur est venu puiser son inspiration.

A la Manufacture Royale de Bains les Bains dans les Vosges, le 26 mars 1824, Julie-Victoire est la dernière d’une modeste famille de huit enfants. Son père fut caissier à la manufacture de fer blanc, de Bains. Son grand père avait joué un certain rôle au service de la Révolution dans la région et espéré l’avènement de la République malgré une proximité tout au long de la Révolution avec le futur Baron Falatieu , propriétaire de la Manufacture Royale…

Orpheline de son père peu après sa naissance, elle est élevée par sa mère Marie-Victoire dans la Maison du caissier, au dessus de la Chapelle à la Manufacture Royale de Bains les Bains qui comptait 500 ouvriers …

« À cette époque, la Manufacture Royale proprieté de Joseph Falatieu est à son apogée, mais son avenir industriel est déjà menacé. Pendant les premières années de la vie de Julie Victoire, les bouleversements industriels qui se mettent en place vont progressivement déstabiliser ce qui fut le plus ancien site industriel paternaliste de Lorraine.

Julie Victoire Daubié sera donc le témoin d’une dégradation rapide de la condition ouvrière et surtout de la place de la femme dans ce système.

Le compliment qu’elle doit lire au directeur de l’usine, Joseph Chavane, gendre Falatieu, pour le Noël 1836 sera le premier acte revendicatif d’une enfant de 12 ans, alors fille du caissier de la ferblanterie : «Puisque c’est Noël et la naissance du Dieu des pauvres, je voudrais dire au directeur que sucre et café une fois l’an, n’empêche pas les ouvrières d’avoir faim le reste du temps » Cette expérience précoce sur la condition féminine acquise à la Manufacture Royale de Bains-les-Bains, où vivait Julie Victoire Daubié, sera confortée ensuite par son travail de préceptrice d’enfants d’industriels, dans les Vosges, puis en Forêt noire. Plusieurs de ses frères feront leur carrière dans la métallurgie vosgienne, ce qui permettra à Julie Victoire Daubié de rester en contact avec l’évolution brutale du monde ouvrier. La proximité, tout au long de la Révolution, entre le futur Baron Falatieu et le grand père de Julie Victoire Siméon Florentin Daubié, favorisera certainement la carrière de Julie Victoire, aussi bien dans ses premières embauches que plus tard sur Paris.»

Manufacture Royale DVD 2015 l’Empreinte du Baron.

Le 31 août 1844, elle obtient le «Certificat de capacité», qui est le brevet d’enseignante, ce brevet deviendra obligatoire aux laïcs pour enseigner après la loi Falloux. Après avoir étudié le grec et le latin avec son frère abbé, elle présente sa candidature au baccalauréat à l’Université de Paris. Candidature refusée au seul prétexte qu’elle est femme. Pourtant, aucun texte n’interdit aux femmes l’accès à l’Université. Après de multiples démarches, avec l’aide de François Barthélemy Arlès-Dufour, un saint-simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, elle finit par obtenir son inscription à Lyon.

Enfin, le 16 août 1861, elle obtient son baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche, une abstention, une noire, un avis défavorable. Mais elle attendra longtemps son diplôme. Prétendant qu’il «ridiculiserait le ministère de l’Instruction publique», le ministre Gustave Rouland refuse de le signer. Il faut une intervention pressante d’Arlès-Dufour auprès de l’entourage de l’impératrice Eugénie pour que l’ordre soit donné à ce ministre d’apposer sa signature au bas du diplôme.

Devenue journaliste économique, et sans pouvoir assister aux cours (l’examen est accessible aux femmes, mais les cours leurs sont interdits), elle décroche la licence ès lettres le 28 octobre 1871 et se prépare au doctorat. Sa thèse porte sur La condition de la femme dans la société romaine. Elle doit rejoindre sa mère malade en 1872. Elle sera profondément affectée par la censure de trois ouvrages que son association pour « l’émancipation progressive de la femme » présidée par Arlès-Dufour et dont elle est vice-présidente, a édités en 1873. Elle meurt d’épuisement l’année suivante et est enterrée dans le petit cimetière de Fontenoy-le-Château avec sa soeur et ses nièces. Le Musée de la broderie témoigne de son action, comme l’exposition permanente à la Manufacture Royale de Bains les Bains, organisée avec les Archives Départementales des Vosges.

Un vitrail Julie-Victoire Daubié dans la chapelle

Vitrail Julie Victoire Daubié dans la Chapelle de la Manufacture Royale de Bains les Bains

Les maisons des Illustres

Hubert Lyautey, Maréchal de France, Chateau de Thorey Lyautey (Meurthe et Moselle ) au titre de Maisons des Illustres, qui a été rejoint pour le Grand Est : par la Maison natale de Julie Victoire Daubié, première bachelière de France, Manufacture Royale Bains les Bains (Vosges).

PDF Marco Bains 111
J.V. Daubié article du site DRAC

Littérature

Julie-Victoire Daubié par Gilles Laporte

Le premier livre de Gilles Laporte, est édité aux éditions ESKA

Il est possible de commander la nouvelle édition 2013, aux éditions Eska toujours. Tous les ouvrages sont également disponibles dans la Maison de Julie Victoire Daubié à la Manufacture Royale de Bains les Bains et à la Librairie Lambert de Neufchateau.

Editions ESKA
Paris 2°
Tél. : 01 42 86 55 73
Fax : 01 42 60 45

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Vidéo

L'empreinte du Baron, l'étonnante saga du Baron Falatieu

Le DVD raconte l’étonnante saga du Baron Falatieu & de Julie Victoire Daubié, première bachelière de France, sa Maison natale à La Manufacture Royale de Bains les Bains.

Le DVD « L’empreinte du Baron, l’étonnante saga du Baron Falatieu » est en vente au prix de 15€ (frais de port inclus).